Du haut de la fenêtre de sa chambre d’hôtel Pefaco, il sent la magie de la ville l’envahir progressivement. Il décide alors de se laisser porter par elle. Elle, c’est Brazzaville ! Brazza la verte pour les intimes. Sa découverte de la ville commence naturellement par le Plateau des 15 ans, un quartier de Moungali, le 4e arrondissement. Sur l’avenue Loutassi, des boutiques s’alignent, la croix verte de la pharmacie Jagger clignote alors que les clients défilent au pressing 5 à Sec, l’un des plus modernes de la ville.

Telle une feuille, il se laisse porter par le vent. Il suit cette avenue au hasard, il marche afin d’être en contact avec cette terre pleine d’histoires. Il passe par les Dix-Maisons avant d’atteindre l’avenue de la paix qui, d’abord lui présente le Collège Matsoua, puis la Maison commune de Moungali. Cette grande artère a la particularité de donner place à la nature sur ses deux allés. Ce qui protège les piétant des rayons solaires. Le rond-Point de Moungali avec son obélisque se présente à lui. Point de rencontre entre les avenues de la paix et des trois martyrs, c’est un des points névralgiques du trafic urbain. Mais, en cette journée dominicale, la circulation est fluide ; les embouteillages si familiers aux brazzavillois sont quasi-inexistants.

Plus il s’approche du centre-ville, plus il sents l’adrénaline monter en voyant la marée humaine du marché Poto-Poto. Ce 3ème arrondissement est la justification du concept : Brazza ville cosmopolite. Les ruelles portent les noms des ethnies des différents habitants qui ont vécu dans le quartier au cours de son histoire. Il n’a pas résisté à prendre son appareil photo en voyant la beauté de la Basilique Saint-Anne du Congo avec son toit vert. Comment aurait-il résisté à l’attrait de ce bijou architectural ?

Toujours à pieds, inconscient de la distance déjà parcourue, il continue sa découverte avec l’imposante Tour Nabemba qui, de son œil de premier immeuble géant de la ville, contemple la ville et sa voisine Kinshasa. Comme un phare géant qui veille sur cette ville historique, jadis capitale de la France libre. Il se laisse perdre entre les immeubles modernes qui font le nouveau visage de Brazzaville

A la gare ferroviaire, il découvre une allée historique qui rend hommage aux vaillants esprits de l’histoire du Congo. Il a pu reconnaitre le monument de Kimpa Vita, de Sony Labou Tansi et d’autres figures emblématiques qui ont marqué l’histoire.

Il décide d’aller digérer tout ça au majestueux fleuve Congo. Monte alors dans un transport en commun, direction les cataractes dans le sud de la ville. Il est passé par le palais Présidentiel, le laboratoire de Santé Public, la gendarmerie Nationale, l’Institut Français qui héberge la Culture de cette ville, l’incroyable marché Total, le rond-point Bifouiti avec ses bars et night-club sur les allées et enfin le pont du Djoué.  Le Djoué, dont les eaux furent des tombes lors de la bêtise humaine de 1997. Ce fleuve regorge tant de larmes qu’il n’imagine.

Il décide de continuer sa route en descendant aux cataractes. Sur place, il se rend compte que c’est ici que le Créateur de l’Univers avait caché les merveilles de ce bout de terre. La convivialité entre nature et humain se présente à lui au premier regard. Il se contente de contempler la chorale fluviale et les danses des enfants qui s’y baignent. Ici la musique créée par la collision entre l’eau et les roches de pierre, suffit pour vous faire oublier les peines de votre quotidien.

En face Kinshasa, capitale de la RDC, la sœur jumelle ! Brazzaville et Kinshasa, les deux capitales les plus rapprochées au monde, paraissent en même temps très éloignées l’une de l’autre. Le majestueux fleuve, qui coule tranquillement, étant comme une sorte de barrière naturelle

Un clin d’œil avec son objectif sur ce qu’on appelle ici « l’ile des amoureux ». C’est excitant.  Prend la résolution de poursuivre sa découverte, direction la cité des 17. Cette cité qu’il a entendu parler par une Slameuse congolaise. Oui, elle n’avait pas tort, quand après être passé par le quartier Moukondo qu’on appelle affectueusement Moukondo city, il a pu lui mettre nez à nez, œil à œil à Brazza. Il est resté pendant plusieurs instants bouche bée sur les hauteurs de la cité des 17 en voyant comment : « Brazza est petit, c’est ce qui fait sa grandeur! » pour emprunter les mots de la slameuse. Il pouvait sans peine apercevoir le récent pont du 15 Aout 1960 (date de l’indépendance de ce pays), les habitats communiquer entre eux et les avenues se faire une place entre les tours en construction.  Il entreprend alors, d’immortaliser la beauté de la vue de chaque recoin de cette séduisante ville.

Il est 20h, retour à la case départ. Le beau touriste dormira fier et heureux d’avoir en cette journée dominicale pu découvrir le ventre de Brazza, de ces habitants qui vous disent : Boyé Malamu et qui vous font vous sentir chez vous. La fenêtre de sa chambre à ce 2ème étage de l’hôtel Pefaco aura raison de toujours garder le regard vers l’aéroport Internationale Maya maya. Il ne le remarque que ce soir parce que de tous son séjour ici, il n’était pas sur terre. Allons à la découverte de cette ville qu’on appelait Mfoua.

Brazzaville, une histoire à découvrir, ne cessera de séduire les regards de ces admirateurs.

–  Mariusca MOUKENGUE   –